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Vernissage de l’exposition Paul Senn – Un photographe suisse dans la guerre d’Espagne

Dans le cadre des commémorations du 80ème anniversaire de la Retirada, le Mémorial du Camp de Rivesaltes présente une exposition des clichés photographiques du grand reporter suisse Paul Senn. Vernissage de l’exposition Paul Senn – Un photographe suisse dans la guerre d’Espagne le dimanche 3 février 2019 à 15h30.

« Paul Senn, un reporter suisse dans la guerre d’Espagne

Janvier 1939, des dizaines de milliers de civils se présentent à la frontière française. Ils fuient face à l’avancée des troupes franquistes par la route côtière, par les chemins de montagne, passant les cols enneigés des Pyrénées. Hommes, femmes, enfants, vieillards, enveloppés de couvertures, portant valises et sacs, en voiture ou en carriole pour les plus chanceux, à pied pour la plupart, l’hiver est très rigoureux. L’armée républicaine est en déroute depuis la chute de Barcelone. Au poste frontière du Perthus en Catalogne, les autorités françaises, devant l’urgence finissent par ouvrir la frontière. D’abord les civils, puis l’armée, 450 000 personnes passeront en France dans un chaos indescriptible, c’est l’exode le plus important dans cette première partie du Xxe siècle, il sera suivi de beaucoup d’autres.

Plusieurs photographes et cinéastes vont témoigner de cet exode que l’on appelle la Retirada. Parmi eux, Paul Senn (1901-1953), un photo reporter suisse, très connu dans son pays mais inconnu pour son travail pendant et après la guerre d’Espagne, un conflit qu’il a suivi du début à la fin et après par des reportages dans les camps d’internement en particulier celui de Rivesaltes en 1941. Paul Senn est un bon exemple du travail photographique des reporters de la presse illustrée suisse. Venant de la publicité, il commence sa carrière en 1930 à Berne et réussit très vite à diffuser ses reportages dans une presse illustrée très dynamique et très friande de photos. Il s’illustre en particulier en novembre 1932 en couvrant une manifestation antifasciste qui dégénéra en un bain de sang incroyable : 13 morts et 65 blessés. Il a beaucoup documenté le monde ouvrier et paysan suisse, et il a aussi beaucoup voyagé en Europe et en Amérique du Nord et du Sud. Il est de ce point de vue parfaitement comparable à David Seymour-Chim pour sa manière de photographier les enfants et le cadrage très particulier du 6×6 qu’il maîtrise parfaitement, à Roger Schall pour sa technique sophistiquée et la variété des sujets. On pourrait même parler de Capa suisse au sens où il pratique ce que le frère de Robert Capa qualifiait la « concerned photography », improprement traduit en français par photographie engagée.

Sa carrière va prendre un tournant avec la guerre d’Espagne. Dans les années 1930, il se rend à plusieurs reprises en Espagne, il le fera aussi pendant la guerre, il visitera Valence, Madrid ou Barcelone, la plupart du temps avec l’Ayuda Suiza, un organisme de secours particulièrement efficace dans le secours aux enfants. Robert Capa disait que si on veut faire de bonnes photos il faut être au plus près de son sujet. Paul Senn l’a bien compris, d’abord parce qu’il est en empathie avec ce peuple en guerre et ensuite parce qu’il excelle dans des portraits bouleversants, c’est une photographie qui témoigne.

Les archives de Paul Senn, des centaines de milliers de négatifs, sont conservées au Musée des Beaux Arts de Berne. Elles ont été classées, légendées et mises en ligne sur Internet par Markus Schürpf le meilleur connaisseur de ce fonds à partir duquel il a organisé des expositions en Suisse. Une sélection de plus de 1000 photos concernant le travail de Paul Senn pendant la guerre d’Espagne, la Retirada et ensuite dans les camps d’internement a été mise à la disposition du Mémorial du Camp de Rivesaltes. C’est à partir de ce corpus très riche que le Mémorial va organiser une exposition à partir de janvier 2019, point d’orgue d’une série d’initiatives autour de la commémoration de l’anniversaire de la Retirada, présentant 150 photos de Paul Senn dont certaines, les plus émouvantes seront collés sur le mur d’accès au Mémorial en très grand format.»

Michel Lefebvre
Co-comissaire de l’exposition

Workshop Ferhat Bouda

Rendez-vous les 1er et 2 décembre pour un workshop photojournalisme avec Ferhat Bouda.

Selon Ferhat Bouda, savoir photographier c’est pouvoir photographier ses proches, son entourage, son environnement….

C’est dans cette optique que les 10 stagiaires travailleront à construire leur photoreportage sur l’« autour de soi ».

Depuis les tous premiers repérages jusqu’à la formulation du projet en passant par l’angle d’approche pour les prises de vues, chacune de ces étapes est déterminante pour rendre possible une démarche photographique personnelle.

Après une étude théorique s’appuyant sur la construction de quelques-uns de ses propres travaux, Ferhat Bouda proposera des exercices pratiques dirigés et personnalisés selon les envies et le niveau de chaque participant.

Renseignements et inscriptions : Bénédicte VINCENT

tel : 04 68 62 38 00 / 06 72 66 52 41 –  mediation@cip-perpignan.fr

Possibilité de prêt d’appareil photo

2 photojournalistes de l’agence Noor lauréats de la 9ème édition du prix Carmignac du photojournalisme

© Kadir van Lohuizen / NOOR

Yuri Kozyrev (qui fait partie de la base de données du CIP) et Kadir van Lohuizen sont les 2 lauréats de la 9ème édition du prix Carmignac du photojournalisme qui était cette année dédiée à l’Arctique.

Félicitations à eux, ils se verront remettre leur prix lors du festival Visa pour l’Image en septembre prochain.

© Yuri Kozyrev / NOOR

Ferhat Bouda – Atelier SPME

Le photojournaliste Ferhat Bouda lauréat du prix Pierre et Alexandra Boulat 2016 exposé en 2017 à Visa Pour l’Image-Perpignan a également réalisé des ateliers avec des classes durant la Semaine de la Presse et des Médias à l’Ecoles.

Nous sommes également fiers de vous annoncer que Ferhat sera l’encadrant de notre prochaine résidence !

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Lizzie Sadin – Atelier SPME

Les 19 et 20 mars la photojournaliste Lizzie Sadin qui a remporté le prix Carmignac du Photojournalisme 2017 lors du festival Visa Pour l’Image-Perpignan a réalisé différents ateliers dans le cadre de la Semaine de la Presse et des Médias à l’Ecole autour de la thématique « d’où vient l’info? »

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Conférence de presse MEP

Le mardi 20 mars à 11 heures à la Maison Européenne de la Photographie avait lieu la conférence de presse de présentation du Centre International de Photojournalisme.

Cet évènement a été l’occasion de rappeler les buts du CIP qui est né d’une volonté de consolider et de pérenniser le festival Visa pour l’Image – Perpignan. Sa vocation est de défendre, valoriser et développer les métiers du photojournalisme, indispensables à la préservation de notre mémoire collective, à l’écriture de notre histoire contemporaine et à la défense de la liberté d’expression dans le monde.

Bonne année !

Exposition Stephen Shames

Le photographe américain Stephen Shames, présente pour la première fois en Europe une exposition de tirages originaux et documents d’archives, retraçant son travail sur la société américaine des années 1960-1970. Ses photographies, du quotidien des gangs du Bronx, au mouvement radical d’émancipation « Black Panthers », vont au-delà de la simple illustration documentaire d’une période. Prises de l’intérieur, elles dressent le portrait d’une Amérique contrastée.

Cette exposition commence aujourd’hui et dure jusqu’au 14 janvier 2018 à la Maison de la photographie Robert-Doisneau de Gentilly

Conférence Gerd Ludwig


Gerd Ludwig qui a donné une partie de ses photos au CIP va donner une conférence le jeudi 26 octobre de 16h30 à 18h30 au Javits Center de New York.

Plus d’informations sur : Photo+

Colloque – Les frontières de l’image

« Les frontières de l’image »

Le terme « image » est employé dans différents contextes de manière polysémique. Il désigne d’une part les manifestations graphiques comme la photographie, le dessin, le vidéogramme, et d’autre part les représentations métaphoriques, l’intériorisation des événements, des personnes ou des idées. Qu’il s’agisse de la société, de l’environnement ou des modalités d’intégration des savoirs, la littérature et la presse martèlent comme une antienne l’existence

d’une « civilisation des images » (Gusdorf, 1960)1.

Ce phénomène serait accentué avec le numérique. Les technologies de l’information et de la communication, en répandant des écrans et des contenus riches de médias, rempliraient le milieu de vie d’objets, d’outils et d’instruments figuratifs complémentaires ou concurrents des textes et des légendes. La réalité virtuelle, qui propose un nouveau procédé de création et de production graphiques, amplifierait un phénomène d’acculturation au mode pictural (Cerisier,

2013)2.

Pourtant, les images ont toujours été présentes dans le quotidien comme dans l’exceptionnel dans nos sociétés occidentales depuis l’Antiquité. Elles ont suscité le débat voire des ruptures et des conflits. Ce sont des traces pour l’histoire, les sciences humaines et sociales, la communication et l’éducation. Ce furent aussi des icônes ouvrant un passage entre le sensible et le spirituel. L’image, message figuratif et expressif (Moles, 1978), est porteuse de sens et

d’une poétique (Bachelard, 1957)3  qui nourrissent l’imagination et l’imaginaire. Elle abrite

des symboles (Levi-Strauss, 1962)4 qui seraient les soubassements oraux et communautaires des écritures technologiques et sociétales.

Les images ne sont pas neutres. Elles délimitent ce qu’elles représentent et rendent compréhensibles des éléments complexes en les schématisant, les hiérarchisant ou en montrant un fragment du réel comme du récit imaginaire. Ce faisant, elles sont porteuses d’arbitraires : le cadrage du photographe masque ce qui est extérieur au périmètre de l’objectif. La lecture de l’image suppose donc une attention particulière et nécessite des compétences accrues pour en maîtriser tous les contours.

En partenariat avec le nouveau Centre International du Photojournalisme (CIP) basé à Perpignan, pendant le festival International du Photojournalisme Visa pour l’image et dans une réflexion plus vaste portée par une équipe de chercheurs du CRESEM de l’Université de Perpignan Via Domitia sur les rapports entre images et textes, nous proposons un premier colloque qui a pour objet de questionner « les frontières de l’image ». Cette rencontre se veut fondatrice d’une série de conférences, de colloques et d’un programme de recherche. Elle vise à confronter les approches méthodologiques scientifiques et l’expérience des professionnels.

Au cœur du rapport entre frontières et images, se noue un dialogue entre disciplines : sciences de l’information et de la communication, histoire de l’art, sciences de l’éducation, littérature, esthétique…

Les communications doivent répondre à l’un des quatre axes suivants :

 

Un premier axe concerne les frontières physiques de l’image, quelle que soit la période (de l’Antiquité à nos jours) : questions de cadre, de cadrage, de l’intégration physique entre les éléments d’un document associant textes et images, etc.

Le second axe concernera les frontières éthiques, culturelles et sociétales. Que peut montrer une image en fonction des publics (en particulier dans le cadre de la médiation scolaire) et selon les périodes de l’histoire liées à l’imaginaire propre à chaque société ?

Le troisième axe concerne les frontières entre texte et images. Comment bascule-t-on d’un système de représentation à l’autre ? Quelles sont les limites et les insuffisances de ces deux médias ?

Le dernier axe concernera plus particulièrement la dématérialisation des frontières de l’image à travers Internet, les bases de données, le Big Data, etc. L’effacement physique des limites conduit-il à la création de nouvelles frontières et à la nécessité d’une éducation pour les envisager ?

1 Gusdorf G. (1960), Réflexions sur la civilisation de l’image, Civilisation de l’image, Paris, Fayard, pp. 11-36.

2 Cerisier J.-F., (2013), Acculturation numérique et médiation instrumentale, HDR, Université de Poitiers.

3 Bachelard G. (1957), La poétique de l’espace, Paris, PUF.

4 Levi-Strauss C. (1962), La pensée sauvage, Paris, Plon.